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Facebook, un outil protéiforme pour les correspondants


09/03/2016
Claire Chabal

Les reporters à l’étranger se servent activement de Facebook. Les utilisations sont multiples : recherche de contacts, communication avec les sources, promotion des publications… Le réseau social semble être devenu incontournable pour cette profession.



« Facebook est un moyen de communication plus simple à l’étranger, car mes sources paieraient cher si elles appelaient en France », affirme Pierre Barbancey, grand reporter au sein de l’Humanité. © Capture d'écran
« Facebook est un moyen de communication plus simple à l’étranger, car mes sources paieraient cher si elles appelaient en France », affirme Pierre Barbancey, grand reporter au sein de l’Humanité. © Capture d'écran
Les réseaux sociaux Facebook et Twitter sont devenus deux outils essentiels pour les journalistes. “78 % plébiscitent [le réseau social à l’oiseau bleu] en tant qu’outil incontournable pour leur métier, selon l’étude « Journalisme et Réseaux Sociaux » menée par l’agence conseil en gestion de réputation Gootenberg”, indiquait Thierry Wojciak de CB News en avril 2015. Facebook et LinkedIn sont deuxièmes ex ӕquo avec 63 %, selon cette même étude.

« Dès ce moment-là, j’ai considéré que Facebook était mon petit média ukrainien personnel », se rappelle Stéphane Siohan, reporter en Ukraine depuis 2013 pour Le Figaro, Le Temps, Le Soir, Sud Ouest, Le Télégramme, Canal +, iTélé, RTL et Radio Canada. « Pendant la révolution de Maïdan, je me rendais compte que j’étais aussi les yeux sur place de nombreuses personnes qui s’intéressaient à ce qui se passait dans le pays. Ce que je poste sur Facebook — mes statuts, mes photographies... —  sont également une source d’information pour ces personnes-là. »

Inscrit sur le réseau social lors des débuts du site, le journaliste soutient que « Facebook est maintenant devenu une sorte de grand annuaire » et que le site est « un outil absolument génial pour contacter certaines personnes dont on n’aurait jamais eu le numéro de portable, et pour communiquer rapidement à l’étranger avec des sources ». Facette du réseau social toujours exploitée dans le cadre de ses reportages.
Tout comme Pierre Barbancey, grand reporter au sein de l’Humanité, journal pour lequel il travaille depuis 25 ans. « Dans les zones que je couvre au Moyen-Orient — au Kurdistan, en Syrie, en Irak… —, c’est plus simple de devenir “amis Facebook” avec des personnes, notamment retrouvées sur le réseau social grâce à la photographie », détaille le journaliste inscrit sur Facebook depuis quatre ans. « Au départ, c’est pour garder le contact de quelqu’un qui peut me donner des informations sur une zone qui m’intéresse et après, cela peut se transformer en relation un peu plus personnelle. Ainsi, j’ai la vision d’une personne sur place que j’ai déjà rencontrée, donc à qui je peux faire plus confiance. Facebook est un moyen de communication plus simple à l’étranger, car mes sources paieraient cher si elles appelaient en France. »

Éric Albert, correspondant à Londres du Monde depuis quatre ans et demi, et de Radio France depuis trois ans, possède, lui, un compte Facebook personnel. Il contacte tout de même parfois ses sources par l’intermédiaire des messages privés du réseau social.
 
Vitrine de travail
 
Les trois journalistes partagent sur Facebook certaines de leurs productions et des articles de consœurs et de confrères. Éric Albert de manière plus modérée, comme sa page est personnelle. Stéphane Siohan et Pierre Barbancey ne communiquent que ponctuellement avec leur rédaction par messages privés. Tous trois sont libres de leurs publications sur le réseau social. La situation est particulière pour Stéphane Siohan. Il décrit Facebook comme une « arme à double tranchant » : « Le réseau social est extrêmement utilisé en Ukraine et a un impact social beaucoup plus fort qu’en France. Tout le monde, dont les acteurs de la société et les hommes politiques, l’utilisent énormément pour communiquer. Je suis donc obligé de me servir de Facebook dans ma pratique professionnelle mais je dois faire très attention […] car c’est un outil dangereux en zone de guerre. » Il rappelle que si des « personnes mal intentionnées du conflit » arrêtent un journaliste en reportage, elles « fouillent [son] téléphone et [son] ordinateur, notamment [son] compte Facebook ».

Éric Albert avait lancé une page Facebook professionnelle « qui a été un échec complet », selon lui, car elle n’était pas assez suivie. Elle existe toujours mais il a indiqué dans les “informations sur la page” qu’elle “n’est plus active”. Il twitte par contre tous ses articles et de manière quasi quotidienne. Le réseau social à l’oiseau bleu reste très prisé par les correspondants quand Facebook est parfois délaissé par ceux-ci.

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Dimanche 19 Mars 2017 - 10:13 Brut, un média 2.0


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