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La vidéo pour moblie, l’enjeu des rédactions en 2016


22/02/2016
Sixtine Lys

Le mois de janvier a connu son lot de prédictions. Reuters Institute for the study of journalism propose un ensemble de prévisions qui pourraient bouleverser les rédactions dans l’année à venir. La vidéo en ligne est l’un des principaux défis, et plus particulièrement le glissement vers la vidéo destinée aux réseaux sociaux et au mobile. Paul Bled, en charge du pôle vidéo de Konbini, explique le format spécifique de la vidéo pour le web, ainsi que le mouvement vers le mobile qu’il a observé depuis qu’il a intégré l’équipe du pure player français.



La vidéo mobile, une priorité pour les rédactions
La vidéo mobile, une priorité pour les rédactions
Le rapport Journalism, media and technologiy predictions 2016 publié par Reuters  révèle, entre autres, que la vidéo est amenée à être révolutionnée en terme de contenu. Grâce notamment à de meilleures connexions – l’essor de la 4G et bientôt de la 5G – et des réseaux WiFi plus performants, la vidéo devrait prendre quatorze fois plus d’importance dans les cinq prochaines années. En 2015, les vidéos étaient à l’origine de 50% du trafic sur mobile. Le rapport de Reuters propose une liste de cinq clés – telles que le 360° ou le format vertical – afin de développer les vidéos. Le pure player français Konbini  compte déjà deux de ces clés dans sa stratégie. Ce site d’information qui traite de pop culture fait partie de la nouvelle génération de médias qui réinvente le journalisme. Créé en 2008, Konbini a désormais une véritable assise dans le paysage médiatique français. Leur chef de production, Paul Bled, apporte son explication à l’essor des nouveaux formats vidéos.

Facebook : vecteur d’image

En 2016, Facebook intensifie sa politique de développement vidéo avec l’intégration des vidéos à 360°, l’option « save video for later » (regarder la vidéo plus tard), et même une section vidéo à part pour plus de facilité de recherche. « Il n’y a aucun doute sur le fait que Facebook essaye de concurrencer Youtube, explique Paul Bled. Il est beaucoup plus simple de faire des vues sur Facebook, grâce à l’autoplay, mais aussi parce qu’au bout de quelques secondes la vue est prise en compte. »
 
Le pôle vidéo de Konbini travaille sur deux formats vidéos principaux : des sujets « froids » qui nécessitent beaucoup de montage et d’écriture, et les « microvidéos » destinées à Facebook. « Les microvidéos font environ une demi minute et on pour but de créer du flux et de la discussion. Au-delà de trente secondes, on perd 90% de l’audience sur Facebook » développe Paul Bled. Trouver un sujet de discussion universel dans lequel chacun peut se retrouver – comme l’excitation du vendredi soir – et le développer de manière hebdomadaire, c’est un créneau repris par de nombreux médias pour sa viralité. Konbini se démarque aussi par des contenus plus originaux tels que des interviews ultrarapides, les Fast & Curious. Facebook est finalement le principal enjeu de ce média né en 2008. « Il faut dire que la majorité de notre audience passe par Facebook, nous connaît grâce à ce réseau. »

La vidéo verticale

Aujourd’hui, l’internaute passe 29% de son temps sur un écran vertical. Non seulement, Facebook autorise les vidéos verticales, mais des applications telles que Snapchat – qui fait 7 milliards de vues par jour  – ne fonctionnent qu’avec la vidéo verticale. La majorité des vidéos produites par Konbini sont exclusivement réservées à Facebook. « Le temps investi dans les formats longs n’est pas proportionnel aux résultats d’audience. Alors qu’une vidéo qui prend une demi journée à produire peut faire le buzz. » La rédaction du pure player n’est pas encore passée au vertical mais a déjà adopté un format adapté : le 1x1 aussi appelé le carré. « Ça permet d’être vu sur un portable sans être déformé, mais aussi d’être diffusé sur toutes les plateformes : Instagram, Facebook, Twitter et Vine. »
 
Paul Bled constate une véritable évolution dans la production de l’image depuis son arrivée à Konbini en 2014. « La manière de consommer de la vidéo a changé. Avant, on se souciait de la qualité de l’image car il y avait peu de flux. Aujourd’hui, une vidéo filmée sur un portable va faire un million de vues et un documentaire qui a pris des mois seulement 100 000. » Afin de parvenir véritablement aux vidéos destinées exclusivement au mobile, Konbini envisage les formats compréhensibles sans le son propres l’autoplay de Facebook par exemple, mais aussi à Instagram. Pour le chef de production, la vidéo mobile d’information est carrée, inférieure à trente secondes, publiée à des horaires d’affluence sur Facebook et qui amène à créer de la discussion.

Le live et le 360°

Parmi les cinq clés de Reuters on trouve également les vidéos 360°. « On commence sérieusement à y réfléchir, surtout depuis que Facebook les accueille. » Cela reste cependant au stade de projet. La vidéo 360° nécessite de fortes compétences « pas encore démocratisées » et un travail en post-production qui n’est pas encore abouti, en terme de logiciels de montage par exemple. « Mais on va tous devoir y faire face d’ici quelques mois. » L’une des dernières clés est la vidéo live que l’on peut intégrer et poster en direct sur Twitter, grâce à l’application Periscope. Ce dispositif est l’un des grands défis du journalisme, pour Reuters. Cette révolution de la vidéo va-t-elle bousculer le métier de journaliste?
 
Konbini dresse un profil de la vidéo d’information virale faite pour les réseaux sociaux et le mobile. Ce sont leurs microvidéos – au caractère informatif ou divertissant - qui reçoivent l’audience la plus importante. Pourtant, le sacre de la vidéo de 30 seconde sans son n’est pas encore proclamé. Des formats originaux et longs parviennent encore à percer sur la toile intransigeante. C’est le cas du Barber show, concept inventé et produit par Konbini : des personnes se retrouvent dans un salon de coiffure pour discuter de culture urbaine, de musique ou même de politique. « C’est l’un des seuls sujets ‘froids’ qu’on met en avant sur Facebook. On fait une exception. Normalement ce type de format ne fonctionne pas car c’est trop long. Mais le concept est bon et ça marche. En statistique, c’est moins impactant qu’une vidéo de pandas, mais le Barber Show a quand même un bon effet pour notre image et des résultats respectables. » Car la plus-value d’un site d’information sur la pop culture est encore sa capacité a créer des contenus certes viraux, mais aussi orignaux et artistiques. Comme si les statistiques ne devaient pas être le seul maître de la production.

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