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Telegram, une application à succès pour le journalisme d’enquête


24/03/2016
Jérémy Heintzmann

L’application de messagerie instantanée rencontre un succès important depuis deux ans. Chiffrement, cryptage et sécurisation des messages séduisent les utilisateurs mais aussi les journalistes, notamment les journalistes d’investigation. Alors, outil au service de l’enquête ou futur réseau social ?



© Jérémy Heintzmann
© Jérémy Heintzmann
Avec 100 millions d’utilisateurs mensuels, Telegram devient l’application à la mode. Cette popularité a surtout été remarquée en Iran, où l’utilisation de l’application par les citoyens a atteint des records pendant les élections législatives de février 2016.

Un cryptage des messages utile pour le journalisme d’enquête

Créée par Pavel Dourov, Telegram est une application de messagerie instantanée réputée pour son chiffrement, qui permettrait de mieux protéger les contenus des messages. C’est un outil gratuit qui a su profiter du rachat de WhatsApp par Facebook et de la crainte des utilisateurs pour la protection de leur vie privée. Lancée en 2014, elle fait circuler désormais près de 10 milliards de messages par jour.

Ses points forts sont notamment la sécurité et la confidentialité. Telegram permet l’envoi de données chiffrées, l’autodestruction des messages, la protection par code et offre également la possibilité de masquer son identité. Autant d’éléments essentiels à la pratique du journalisme d’investigation et nécessaires à la protection des sources. En plus de l'envoi de mails et la posibilité de faire des recherches masquées par des logiciels tels que TOR, le journaliste peut à présent crypter ses messages privés, par l’intermédiaire de l’application disponible sur le web, sur Android, iOS et Windows.

Telegram, nouveau réseau social ?

Cependant, Telegram semble aussi se convertir peu à peu en réseau social à travers des conversations de groupe. Dans un billet de blog, l’application a annoncé qu’elle faisait passer la limite de ses « super-groupes » de 1 000 utilisateurs à 5 000 utilisateurs, permettant ainsi de communiquer avec une plus large audience. Le « super-groupe » peut être rendu public, et les messages de celui-ci sont alors visibles par tout le monde, même ceux qui n’en sont pas membres.

Telegram se rapproche donc d’un réseau social comme Facebook. En effet, les utilisateurs peuvent épingler des messages, utiliser un outil de modération pour lutter contre les spams et contrôler le flux de messages.

Présentée comme l’anti-WhatsApp, Telegram propose à son utilisateur des outils de cryptage de messages intéressants, en particulier pour les journalistes d’enquête. Reste à savoir si sa popularité grandissante ne fera pas finalement d’elle une application de messagerie instantanée comme les autres. 

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